miércoles, 2 de noviembre de 2016

LES LIENS ENTACHÉS



Traduction: Christel Faure.
Volver a la versión española de este cuento.
D'autres nouvelles en VF : LA FACE NORDLES DEUX COULEURS DU REGARD. 


Son ah imperturbable, pour égaler l’effet du moisiversaire mille fois mentionné, volatile derrière la musique de la cabine au fond, zigzagant sans pactiser entre le sol regardé et elle, entre l’inquiétude des jambes balancées l’une en avant lorsque l’autre allait en arrière. La place, avec ses bords alignés sous la lumière des lampadaires.
Mais tu as dit que cela serait rapide. Lui la voyait maintenir la cadence et il ne pouvait pas voir ses yeux.
Eh ? Elle, se balançant avec les bras appuyés sur le banc, le torse en avant.
Que ce serait rapide, tu as dit.
J’ai dit cela ?
Les deux n’étaient encore qu’un silence embarrassé et ils observaient l’obscurité jaillir de la terrasse du bâtiment des professeurs.
Allons-y. Elle debout.
Où. Et il put enfin voir ses yeux.
Allons-y. Elle, en direction de l’arrière des dortoirs. Et lui qui réagissait pour la suivre. Lui supposant qu’il ne s’agissait pas de cela. Il ne l’avait pas prévu ainsi. Pour lui cela n’était pas juste ainsi et par conséquent il n’était pas non plus certain qu’elle prenne par le trottoir sud de l’école aussi sereinement, comme dans un acte calculé.
Il eut la sensation d’être en train de marcher sur un tapis de mousses glissantes, mais il finit par accuser l’odeur de poussière ainsi que les feuilles tombées et humides à cause de la pluie qui n’était pas arrivée de cet après-midi. C’est ce dont il se souviendrait. Sans doute, c’était de cela, ou alors que ce fut lui qui n’avança pas mais se retrouva, apparut face à elle, surgit de nulle part quand cela faisait un siècle et demi qu’il l’avait vu tourner, tremblante dans l’obscurité mais certaine que son tremblement ne serait ni découvert ni senti. Elle, abritée dans l’angle que formaient les blocs des dortoirs et les salles de classe. Lui surgit et ce ne fut pas lui, décidément, qui l’embrassa ou effleura ses lèvres ou les siennes et commença à déboutonner le secret, obéissant à une connaissance qu’il n’avait pas mais qui était là, intuitive comme l’acte de mastiquer et d’avaler.
Lentement, mon cœur.
Quoi ? Il devina, imagina les dents et il montra les siennes entravées quelque part dans la jupe ou entravée cette dernière pour se libérer seule. Et ensuite ce fut penser à lui-même, au défaut, à l’endroit où il est, et tâter et découvrir et retenir la scène: humidité bénite ou difficulté bénite, enchevêtrement momentané. Et faire d’elle une partie du sol et finir de trouver, de sentir la pression évasive des cuisses quelque part, n’importe où, partout.
Doucement. Et ne pas écouter tout en entendant.
Doucement. Lentement. Et ne pas entendre.
Doucement. Ou perdre quelques sens et se concentrer uniquement sur le toucher désorienté, endurcit jusqu’à apprendre fortuitement, presque sentir que quelque chose est en train de céder, ou l’imaginer, pendant qu’elle arrêtait de pousser, le contenir en une prise constante par les hanches.
Il sentit que quelque chose cessait d’exister. La poussée ou la retenue. Le mythe inexistant. L’au-delà que l’on attend toujours d’une fin. Et il sut que le fruit de la puissance de sa maladresse était une ignorance de naissance aussi grande et ponctuelle qu’un ensemble vide. Il ne sut même pas qu’il avait terminé, ni qu’elle ne respirait plus, avec son visage d’ange offensé et inconscient, d’un autre monde. Il remarqua seulement qu’il était au-dessus et qu’il ne pouvait pas rester toute la vie là, mais son pantalon était loin, là-bas à mi-tibias. Il s’étira de la seule façon pour ne pas l’atteindre.
Et maintenant ? Et maintenant ?
Debout cela sera plus facile pour toi.
Oui, bien-sûr, il se leva et vit combien elle mettait de temps à s’asseoir ; comment, une fois assise, avant de se lever, elle replia les jambes. Comment, seulement une fois qu’il eut récupéré son pantalon, elle se mit debout d’un bond, sans plainte, refusant, ou ne voyant pas ou n’acceptant pas ou rejetant son bras. En un saut si malvenu qu’il pensa que c’était une blague l’histoire de la première fois, mais ensuite il vit le petit filet de sang.
Il ne pourrait jamais préciser d’où sortit le reste de lumière. Le petit filet était là. Tout d’abord comme une rumeur, trace mais lorsqu’elle s’avança et revint vers le trottoir de l’école, vers le trottoir sud, le laissant en arrière, l’ignorant, il put voir le filet : inexorable, très rouge sur sa jambe gauche, sur la blancheur de sa jambe gauche, coulant sur l’ourlet blanc de la chaussette. Le filet de sang glissant de la cuisse vers la terre. Descendant par la chaussette vers la chaussure, pendant qu’elle s’appuyait sur l’arête du préfabriqué, sautait avec force le mur de la turbine et s’asseyait dessus. Pour elle, seulement atteindre le mur. Et pour lui, voir comment elle le fit et le ferait pour toujours dans sa mémoire : sautant, esquivant.
Je t’aide, mon amour ?
Non. Tu l’as déjà eu, tu l’as déjà obtenu, mais l’élan qui t’a empêché de le retenir encore fut sincère ? Alors que moi, j’ai encore mal ? Mais cela elle ne le dit pas : elle se retint ou n’y pensa même pas mais elle l’éprouva peut-être. Et ensuite elle finit enlacée à lui contre la rampe de l’escalier, parce que c’était comme cela, parce qu’elle en avait envie. Lui, pensant qu’il la soutenait, lui serré contre elle, elle serrée contre lui, de sorte qu’il ne voyait pas le filet mais le percevait, le sentait glisser de la cuisse vers le bas. Le mouvement des élèves silencieuses tenant la rampe, juste derrière eux deux, en direction des dortoirs.
La sonnerie de dix heures retentit, ils s’embrassèrent comme d’habitude et elle commença à monter. Le filet de sang aussi s’éleva pour la dernière fois dans leur vie à tous les deux. Les pas inégaux, confirmant, le désir impalpable d’étirer ou de fléchir les genoux, à la manière d’un ressort, par un effet visible uniquement pour lui entre les autres individus de l’univers.

Traduction: Christel Faure.
D'autres nouvelles en VF : LA FACE NORDLES DEUX COULEURS DU REGARD. 

© A. G. C., noviembre, 2016.
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1 comentario:

  1. Mucho mejor la version original, en español, que admeas es uno de mis relatos favoritos.

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